Pourquoi le football est-il si populaire ?

par | 4 Juil, 2021 | Beaulieu, Culture, Suisse

Dans la nuit du 28 au 29 juin 2021, une marée humaine envahit les rues de nombreuses villes suisses. De mémoire d’anciens, on n’avait plus vu une telle foule en Suisse depuis le passage à l’an 2000. L’événement est historique : pour la première fois, notre équipe nationale de football masculin parvient à se qualifier pour les quarts de finale d’un Euro, en battant les champions du monde en titre, la France. Personne ou presque n’y croyait. Alors quand Yann Sommer arrête le penalty de Kylian Mbappé, les supporters de toujours et les footeux d’un soir se retrouvent tous dans les rues pour fêter cet exploit. Slogans et bruits de klaxon résonnent jusqu’à tard dans la nuit. En voyant cette foule incroyablement nombreuse qui se réuni spontanément, une question se pose : pourquoi le football est-il si rassembleur ?

L’un des principaux facteurs qui rend ce sport populaire est la simplicité de ses règles et le peu de matériel nécessaire. Pour jouer au foot, un terrain, un ballon et quatre vestes pour faire les goals suffisent. Certains sports comme le golf ou le tennis sont relativement élitistes, c’est-à-dire qu’ils demandent du matériel et des espaces dédiés pour y jouer qui peuvent être coûteux et donc tout le monde n’y a pas accès. Le foot, a contrario, est un sport auquel tout le monde peut jouer et ses règles simples permettent aussi à n’importe qui de comprendre un match (le hors-jeu à la limite peut être considéré comme une règle un peu complexe mais pas si compliquée à saisir). En revanche, le jeu a beau être facile à comprendre, il n’en reste pas moins passionnant : on peut s’émerveiller des gestes techniques bien réalisés ou analyser la stratégie adoptée par les équipes.

Un autre élément qui explique le succès de ce sport, c’est qu’il est prétexte à célébration. En cas de victoire d’une équipe qu’ils soutiennent, les supporters font la fête, à l’image des Suisses après avoir sorti les Bleus de cet Euro 2020. Par ailleurs, on a tendance à s’identifier fortement aux joueurs et on se vante « d’avoir gagné », alors que bien sûr, on n’était pas sur le terrain. Les neurones miroirs y sont pour beaucoup : ce sont eux qui sont à l’origine de l’empathie. On vit les émotions des joueurs par procuration à travers notre télé. On hurle de joie quand un but vient d’être marqué et que toute l’équipe se prend dans les bras, on insulte l’arbitre quand on ressent de l’injustice, on est déçu quand on voit les joueurs rentrer au vestiaire la mine basse après une défaite. C’est en partie grâce à ses neurones miroirs que regarder un match de foot nous procure des émotions et ce sont ces émotions qui rendent la victoire si savoureuse.

Enfin, l’influence sociale participe probablement à rendre le football populaire. Plus les membres de notre entourage sont fans de foot, plus on aura tendance à le devenir aussi. Difficile en effet d’éviter les discussions sur le match de la veille, en particulier pendant un Euro ou une Coupe du monde. Tout le monde en parle : les proches, les médias et même la pub, car l’engouement autour du foot est une aubaine pour les marques qui choisissent souvent d’y associer leur image ou d’offrir des réductions à l’occasion d’une grande compétition. On observe alors une forme de contagion sociale, qui contribue à populariser encore et encore le ballon rond.