La charge contraceptive

par | 4 Mar, 2021 | Beaulieu, Sciences

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Pilule contraceptive, anneau vaginal, stérilet au cuivre ou hormonal, diaphragme, patch contraceptif, préservatif féminin, stérilisation ou encore implant sous-cutané et injection trimestrielle, voici les quelques dix moyens de contraception proposés aux femmes en 2021.
Mais qu’en est-il pour les hommes ?

Depuis l’autorisation de la pilule contraceptive il y a maintenant plus de 60 ans, c’est en général la femme qui prend en charge la question de la contraception.
D’abord synonyme de liberté, la pilule devient un moyen pour les femmes de disposer librement de leur corps et de leur sexualité.
Or, avec le recul que nous avons aujourd’hui et par les avancées en terme de diversité de contraceptions, nous constatons deux choses.
Premièrement, certains de ces contraceptifs sont contraignants et/ou peu fiables, tandis que d’autres peuvent être dangereux pour la santé physique et mentale des femmes qui ont adopté ces méthodes pour jouir librement de leur sexualité.
Deuxièmement, la recherche de contraceptifs s’est centrée sur les femmes, les cantonnant à prendre en charge la lourde tâche de la contraception et les faisant in fine passer pour responsables de la potentielle conception d’un enfant si par malheur la contraception venait à échouer.

La contraception masculine, elle, a tendance à rester dans l’ombre. Il existe cependant bon nombre de méthodes contraceptives pour les hommes, telles que le préservatif masculin, la vasectomie (qui peut être réversible dans certains cas rares), l’injection hormonale, la pilule contraceptive pour homme ou encore la contraception thermique (le fait de réchauffer les testicules de deux degrés en les remontant dans la poche inguinale à l’aide d’un anneau spécifique. La production de spermatozoïdes se retrouve alors stoppée par le réchauffement des testicules).

S’intéresser aux contraceptifs masculins pourrait présenter de grands avantages. Cela permettrait de rétablir une égalité hommes-femmes en termes de contraception, de responsabiliser les hommes quant aux conséquences que peut engendrer une sexualité mal prise en charge (MST/IST et conception d’un enfant). Les contraceptifs masculins semblent aussi être un bon compromis en terme d’effets secondaires. Par exemple, la pilule contraceptive pour les hommes présente des effets secondaires limités : acné, fatigue, maux de tête ou légère prise de poids, tandis que les effets secondaires des contraceptifs hormonaux pour femmes (par exemple, la pilule contraceptive, l’implant, le patch hormonal ou le stérilet hormonal) sont bien plus lourds de conséquences : saignements, migraines, mycoses à répétition, rejet du dispositif, douleurs abdominales et/ou pelviennes, nausées, perte de libido ou encore inflammation des organes génitaux, dépression, pensées suicidaires et AVC.

Quelques chiffres :

Pour un stérilet hormonal (DIU), nous constatons les effets secondaires suivants, chez plus de 10% des femmes: maux de tête, douleurs abdominales, acné, peau grasse, vulvovaginite, kystes ovariens et modification des règles. Chez 1 à 10% des femmes, migraines, nausées, humeur dépressive, dépression, chute de cheveux, pertes vaginales, tensions dans les seins, infections de l’appareil génital, expulsion du stérilet (DIU). Pour les effets indésirables peu fréquents (moins de 1% des cas): augmentation de la pilosité, perforation de la paroi de l’utérus.

La prise d’une pilule contraceptive entraîne les effets indésirables suivants : baisse du désir sexuel (chez 69,6% des femmes), prise de poids (chez 53,6%), troubles de l’humeur (chez 51,9%), migraines (chez 36%), sécheresse vaginale (chez 34,2%), tensions ou douleurs au niveau des seins (chez 29,1%), acné (chez 21%), mycoses à répétition (chez 20,3%), moins bonne circulation sanguine (chez 17,7%), spotting (chez 15,1%), cystites (chez 14,7%), perturbations au niveau de la digestion (chez 14,3%), perte de cheveux (chez 12,7%), douleurs ovariennes (chez 12,6%), autre effets secondaires (chez 12,2%), nausées (chez 11,5%), sécheresse de la peau (chez 10%), vertiges (chez 6,9%), sécheresse des yeux (chez 6,4%), perte de poids (chez 1,8%) et hausse du désir sexuel (chez 1,4%).

En plus des effets secondaires importants, ces contraceptifs ne sont pas pris en compte par les assurances, revenant donc généralement aux frais exclusifs des femmes qui adoptent ces moyens souvent onéreux. En plus de payer des sommes conséquentes pour leur contraception, les femmes doivent encore penser à développer des moyens pour en disposer. Ne pas oublier de prendre sa pilule tous les jours à heure fixe, prendre le temps de changer son patch hormonal chaque semaine ou prendre un RDV chez le ou la gynécologue pour vérifier si le stérilet est toujours bien placé à l’intérieur de l’utérus, etc… Voilà à quoi les femmes doivent ENCORE penser, oui y penser, en plus de prendre le temps de faire toutes ces démarches.

Stop au massacre, il faut que cela change ! Ce n’est pas à la femme de mettre son bien-être physique et mental entre parenthèse pour se mettre au service du couple. Payer une contraception au prix de sa vie, CE N’EST PAS NORMAL. Une sexualité épanouie se prend en charge à deux, en prenant en compte le bien être de chacun.e. La prise de contraceptifs pour les hommes ne porte pas atteinte à la dignité de l’homme, elle et permettrait au contraire de bâtir la sexualité d’un couple sur une réflexion et une prise de décision commune. Cela permettrait aux femmes de ne pas être tenue pour les seules responsables de la charge contraceptive et leur éviterait les effets secondaires ravageurs des contraceptifs. D’une autre part, elle permettrait de valoriser la gente masculine, pour qui, les contraceptifs disponibles sont moins dangereux que la plupart de ceux proposés aux femmes.